Comment vaincre ses angoisses et son hypocondrie?

Je rentre aujourd’hui dans un sujet beaucoup plus personnel que mes habituels ” ootd “. Mais mon blog est aussi là pour parler, et aujourd’hui j’en ai envie. Je veux vous parler de ce qui forme mon quotidien depuis plusieurs années maintenant, l’angoisse.

Quand j’étais petite, la notion de stress ne m’était pas du tout familière, un truc de grands probablement. Cette époque me manque !

La première crise.

Ma première crise d’angoisse est survenue autour de mes 18 ans, comme ça, par hasard. J’étais dans un bus, et j’ai cru étouffer. Je prenais ce bus tous les jours pourtant. J’ai réussi à tenir jusqu’à mon arrêt même si je mourrai d’envie de casser la fenêtre pour sauter dehors. Je suis rentrée chez moi et ça allait mieux. Jusqu’au soir, au moment du dîner. Les symptômes sont apparus d’un coup, vertiges, boule au ventre, fourmillements, l’impression d’être paralysée, j’avais mes mains sur la tête et je ne bougeais pas. Si je bougeai, j’allais mourir, j’en étais sûre. Ce soir là, j’étais sûre que je n’allai pas le passer. C’était la première d’une longue série, alternant entre les périodes de crise et les périodes où tout va bien. Bien souvent sans pouvoir expliquer pourquoi, elles surviennent d’un coup et cette idée même est en soit une des plus angoissantes. J’ai peur d’avoir peur, j’angoisse d’angoisser. Depuis, j’apprends petit à petit à comment dompter une crise, comment aller mieux.

L’angoisse au quotidien.

Je suis une personne stressée en général, j’appréhende beaucoup mes rencontres avec les gens, je me prive de cette façon de pas mal d’opportunités et je me ferme des portes. Je fais cependant tout ce que je peux pour me dépasser, et y aller quand même. Je me suis créer au fur et à mesure une ” autre moi”, une moi plus à l’aise socialement, qui n’hésite pas à parler etc… Comme un rôle. Finalement, ce rôle s’est fondu en moi et j’ai de moins en moins de mal avec les autres !

J’ai peur de tout, quand je m’écoute. Je pars en voyage bientôt et je n’arrête pas de penser à l’avion, j’ai peur de me crasher, peur d’être malade, peur de le rater, peur de faire une crise dedans.. Invivable ! Quoiqu’il arrive je me suis promis que ces angoisses ne m’empêcheraient jamais de vivre ma passion pour le voyage, alors tant pis et on verra bien ! Cet avion, samedi prochain, j’y monterai.

L’hypocondrie.

L’hypocondrie est une autre forme d’angoisse que j’ai développé, je pense il y’a 3-4 ans. J’ignore comment, j’ignore un peu pourquoi aussi, mais elle est présente. Il paraît que c’est une forme de maladie, je n’ose pas me le dire face aux tonnes de maladies que j’ai pensé développer. Un seul symptôme suffit à me gâcher mes journées, mes nuits. La crise d’hypocondrie se déroule toujours de la même manière:

  • J’ai un symptôme ( mal de tête, paresthésie, petite boule dans le cou…. )
  • Je vais ” juste comme ça ” voir sur Internet.
  • Je fais mon propre diagnostique. C’est OBLIGATOIREMENT la maladie la plus grave que j’ai attrapé, ce n’est pas possible autrement.
  • Mon cœur s’emballe, je tremble, le symptôme en question s’accentue de plus en plus, je n’arrête pas de toucher pour vérifier qu’il n’a pas disparu. Non, c’est encore là. Merde je vais mourir.
  • Je m’imagine à mes pires heures de maladies, j’imagine comment je vais faire pour vivre avec, si je vais souffrir…
  • Je vie avec une boule au ventre, je tremble, je ne fais que penser à ça, je pleure… Je ne suis pas tranquille tant que je ne suis pas allée faire des examens.

Désormais, j’essaie de me faire un forcing sur moi-même. Très récemment, j’étais persuadée d’avoir la Sclérose en plaque. Bien-sûr j’en étais persuadée qu’à cause d’un seul symptôme, mon corps était engourdi. Cependant, j’étais tellement sûre que c’était LE diagnostique que j’ai commencé à développer d’autres symptômes ( flou de la vision ). Le souci, c’est que je ne sais jamais si ces symptômes sont réels ou le simple fruit de mon imagination, la simple création de mon esprit. J’ai décidé que je n’irai plus consulter, car c’est un cercle vicieux. Je veux me guérir de mes angoisses moi-même! À l’heure où j’écris, je ne pense plus avoir cette maladie et je n’ai même pas été faire d’examens, je suis vraiment fière de moi.

Le soucis avec l’hypocondrie, c’est que je ne sais jamais si je fais une crise ou si je suis vraiment malade. Prendre du recul c’est vraiment difficile.

L’attitude à adopter face aux angoisses.

J’ai beaucoup réfléchi à comment lutter face à ces peurs qui me ruinent mon quotidien. Passer son temps à avoir peur de la mort et de la souffrance, c’est gâcher des journées à profiter de la vie. Aussi, je suis persuadée que la clé pour guérir de ces appréhensions est de ne pas se projeter. Il faut vivre au jour le jour, profiter des moments où on est bien. J’ai lu quelque part que seulement 8% de nos peurs sont fondées. Et souvent je me rend bien compte, une fois ‘ l’épreuve ‘ passée, d’avoir fait tout un film pour rien. Quand je rencontre des gens, je suis heureuse. Quand je me rend compte que je suis en bonne santé, je me sens stupide d’avoir gâché des semaines à me mettre si mal. Quand j’arrive dans un pays étranger, j’oublie instantanément les semaines que j’ai passé à me dire que jamais je n’arriverai à destination. La projection est inutile, et jamais rien n’arrive comme quand on l’a imaginé. Ce travail est un travail de fond, et il est difficile à appliquer quand on est en crise.

Aussi, lors d’une crise, j’applique quelques ” exercices ” quand je me sens mal. Je sens désormais quand les crises vont venir, quand le ” trou ” dans  ventre et le mal-être sont présents.

Tout d’abord je respire, je sais que c’est le conseil qui revient toujours, et j’avais tendance à me dire que ça ne marchais pas. Mais si, il faut bien respirer, longuement, inspirer par la bouche et expirer par le nez. Cela ralentit le rythme cardiaque, et oxygène l’organisme.

Je fais tout pour me changer les esprits. Les films ne fonctionnent pas sur moi, il m’est impossible de me plonger dans un film pour m’occuper l’esprit, non il est toujours concentré sur mes peurs ou ma crise. En revanche, prendre l’air m’aide beaucoup. Faire une petite promenade m’aide à y voir plus clair et à mieux m’oxygéner.

Le plus important pour moi en période d’angoisse profonde est de ne pas rester seule. Parler à quelqu’un m’aide à décompresser. Je me rend compte que j’ai un état d’esprit complètement différent quand je suis en présence de quelqu’un. En société, je suis moins en proie aux angoisses. N’hésitez pas à téléphoner à vos proches quand vous sentez que ça ne va pas, ou même mieux, de les voir ! Récemment j’étais vraiment mal, j’avais une énorme boule au ventre. Mais je suis quand même allé au cinéma et au fur et à mesure, le fait de faire une activité agréable et normale m’a fait passé ma crise avant qu’elle ne s’accentue.

En tant que personne angoissée et un peu ” maso “, des scénarios catastrophes me viennent souvent dans la tête. Du genre ” et si le métro explose ? lol “. Dès que ce genre de pensée arrive, il est important de les rejeter tout de suite et ne pas se laisser aller dans le propre cercle vicieux de sa pensée. Vous êtes maître de votre esprit, donc dîtes lui qu’il est stupide d’imaginer des choses comme ça et pensez plutôt directement aux choses agréables qui vous tiennent à cœur ( vos projets, votre amoureux, vos voyages… )

Voilà pour cet article. J’ai essayé de faire le plus court possible, même si c’était difficile car cela fait parti de moi. J’ai parcouru beaucoup depuis les premières angoisses, et j’essaie de m’améliorer au quotidien pour ne pas me renfermer sur moi-même. Il me paraissait important d’en parler ici et cela m’a fait du bien de prendre un peu de recul sur ça.

Est-ce que vous aussi vous connaissez ce genre d’angoisses? Comment faites vous pour vous en sortir?

Je vous embrasse fort et vous souhaite un super week-end !

Lilyzab